La Cumberland est une goélette de 29 tonneaux construite en 1801 par Thomas Moore au chantier royal de Port Jackson. Propriété du gouvernement colonial, elle transporte le grain de la Hawkesbury vers Sydney Cove avec un équipage de cinq hommes : un maître, un second et trois matelots.
La Royal Navy l'achète au début de 1803 et la confie au lieutenant par intérim Charles Robbins, pour seconder l'arpenteur Charles Grimes dans le levé de King Island et de Port Phillip (janvier-février 1803).
Après le naufrage du Porpoise, le gouverneur King la propose à Flinders pour rentrer au plus vite en Angleterre par le détroit de Torres. Flinders hésite : la goélette est « un peu moins grande qu'un bateau de passage de Gravesend », et ce n'est pas sa petite taille qui l'inquiète le plus, mais « la vivacité de ses mouvements et le manque de commodités », qui l'empêcheront de mettre au net ses cartes et son journal pendant la traversée. Il accepte pourtant, pour repasser par le détroit de Torres et y compléter ses observations.
Il quitte Wreck Reef le 11 octobre 1803, met dix jours pour atteindre le détroit de Torres, trois pour le franchir et dix-sept pour gagner Coupang, à Timor. La goélette fait eau dès qu'elle gîte, et ses pompes sont si mauvaises qu'il faut souvent y passer le quart de la journée. Flinders doit relâcher à l'île de France (Maurice), où il arrive le 17 décembre 1803.
La France et l'Angleterre étant de nouveau en guerre, le gouverneur Decaen saisit la Cumberland, les cartes et les journaux, et retient Flinders prisonnier pendant six ans et demi. La goélette reste à Maurice après la libération de Flinders, le 13 juin 1810 ; reprise par les Britanniques lors de la conquête de l'île en 1810, elle est vendue la même année.